À propos

Né en 1993, Ivan Martel est un artiste contemporain qui peint essentiellement à l’huile, en noir et blanc sur des grands formats, il a pour sujet de prédilection la lumière.

Architecte de formation, il travaille pendant de nombreuses années auprès de grands noms tels que Kengo Kuma ou Jean Nouvel. Il est notamment en charge de la direction artistique de projets d’envergure, de leur représentation ainsi que de la scénographie d’espaces muséographiques. Il y développe un rapport unique aux textures, à la matérialité et la perception des volumes dans la lumière. C’est justement ce rapport à l’espace, au plein, au vide, et à la profondeur qu’il développe ensuite dans sa peinture, n’ayant plus pour objet des gratte ciels inanimés mais plutôt la diversité des visages et des corps, véritable temple d’une humanité universelle.

À travers son travail sur le clair-obscur Ivan Martel cherche à entrer dans un corps-à-corps avec la lumière. Toujours sur fond noir, il utilise son couteau enduit de blanc pour venir ciseler l’obscurité et révéler sa vraie profondeur, taillant dans un bloc de ténèbres comme le ferait le sculpteur dans un bloc de marbre. À l’inverse du dessin classique qui consiste à assombrir en déposant du noir sur le papier blanc, l’artiste a pour intention d’aller chercher dans l’ombre et de révéler en pleine lumière le visage d’une humanité qui se questionne.

Il peint au couteau, majoritairement à l’huile, sur grands formats. Influencé par le Caravage dans les clair-obscurs, Soulages dans les textures, Mathieu dans les gestes, il ne souhaite pas se limiter à l’abstrait ou au figuratif. S’inspirant des courants philosophiques de la théorie de la forme et de la phénoménologie de la perception, il considère que «le tout n’est pas la somme de ses parties», on ne pose sur la toile que des fragments, des bribes : ce qui est objectivement visible n’est pas le plus important, mais plutôt l’appropriation du vide par notre regard pour lui donner un sens. Notre rétine dispose de deux types de photorécepteurs : les premiers captent les tons (couleurs), les seconds les valeurs (reliefs, formes et intensité lumineuse). La peinture dite en clair-obscur, qui remonte à l’antiquité, est un type de représentation qui met l’accent sur les valeurs plutôt que sur les tons. Avec le ténébrisme, Le Caravage rajoute une dimension spirituelle à cette technique en y accentuant les contrastes, insistant sur l’irruption brutale et ciblée de la lumière victorieuse dans les ténèbres. Plus tard, l’impressionnisme mettra entre parenthèses la question des valeurs pour se concentrer sur les tons, les reléguant petit à petit à la caméra.

L’artiste Ivan Martel veut ainsi renouer avec une expression tranchée des valeurs, des volumes et des émotions humaines avec la sobriété et la pauvreté du noir et du blanc. L’artiste interroge aussi la notion d’échelle et cherche à surprendre le visiteur provoquant de près comme de loin, des évènements abstraits, faits de mouvements et de claquements de lumières dans les ténèbres .

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 « La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. » Jn 1:5

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